Préambule
Nous donnons à notre recherche une forme spécifique, que nous désignons par le terme d’ingénierie coopérative. Celle-ci s’articule autour de la conception d’une séquence d’enseignement portant sur la création et la résolution de problèmes en mathématiques. L’élaboration de cette séquence constitue à la fois un objectif central des échanges menés au sein de l’ingénierie coopérative et un vecteur de diffusion des choix réalisés collectivement.
Les professeur·e·s mettent en œuvre les dispositifs de cette séquence dans leur classe, dans une dynamique de partage, de discussion et d’amélioration continue au sein du collectif d’ingénierie coopérative. Cette séquence s’appuie sur des pratiques et des repères didactiques partagés. Comme les professeur.e.s ont pris une part essentielle à son élaboration, les professeur·e·s en maîtrisent les fondements et les intentions didactiques, ce qui leur permet d’accomplir un triple travail de conception, d’ingénierie, et d’enseignement de la séquence.
C’est en ce sens que nous les désignons, dans le cadre de l’ingénierie coopérative, comme professeur·e·s-chercheur·e·s.
L’ingénierie coopérative DEEC poursuit la perspective de mettre en synergie les preuves statistiques (résultats de progression des élèves entre pré et post-tests) et les preuves que nous appelons culturelles (dans la détermination des gestes et dispositifs qui permettent ces changements?).
Principes
Une ingénierie coopérative renvoie à tout collectif, établi en tant que collectif de pensée (Fleck, 2005), qui se donne à lui-même, par la coopération, des fins communes pour l’amélioration de la pratique, et qui expérimente conjointement la pertinence de ces fins au sein de dispositifs concrets, selon un processus itératif […] collectif Didactique pour Enseigner, en Théorie de l’Action Conjointe en Didactique fait l’hypothèse que le développement d’ingénieries coopératives appellera progressivement à l’élaboration d’une nouvelle épistémologie des sciences de la culture, une épistémologie de l’ascension de l’abstrait au concret. (Lefeuvre, 2018) » (CDPE, 2024, p. 457).

Les principes d’une ingénierie coopérative peuvent être résumés comme suit :
- Un fonctionnement itératif : production commune de séquences – mise en œuvre – évaluation – nouvelle mise en œuvre, etc.
- Détermination commune des fins et objectifs de la séquence
- Recherche de symétrie professeurs-chercheurs
- Reconnaissance des différences professeurs-chercheurs
- Posture d’ingénieur
- Coopérer pour produire une œuvre commune
- Coopérer pour produire des connaissances
Outils et espaces conçus et mis en œuvre pour fonctionner
Le projet ANR DEEC fonctionne en ingénierie coopérative (CDpE, 2024). En d’autres termes, il associe des personnes de statuts différents autour d’un même objet d’étude. Ici des chercheurs, des professeurs, des cadres d’inspection et des ingénieurs sont réunis pour concevoir une séquence d’enseignement apprentissage en création-résolution de problème en mathématiques en CE1 et CE2.
Dans leur travail quotidien, cet ensemble d’acteurs est amené à (i) communiquer, (ii) échanger des documents, (iii) échanger des vidéos de pratiques de classe, (iv) commenter ces vidéos. Dans le même temps le plan de gestion du projet ANR DEEC a amené les ingénieurs du projet à concevoir un algorithme de récolte, de diffusion et d’archivage pérenne des données de la recherche.
La vidéo ci-dessous documente la manière dont le collectif DEEC a constitué un flux de travail permettant à la trentaine de membres actifs du projet de fonctionner sous la forme d’une ingénierie coopérative tout en satisfaisant aux exigences en matière de réglementation générale sur la protection des données.
