La Mer en signe – FRERE Janick M2 TD2 gr3

MCC M2 – année 2014/2015 S9 – Classe de CP

SAM_5129 SAM_5204

J’ai mis en place, avec toute la classe, une séquence en Arts Visuels. Cette séquence avait pour objectifs : Copier, Créer, Evoquer, Exprimer, et pour thèmes « le signe » et « la mer ». Pour débuter cette séquence, nous sommes venus voir l’exposition « le signe en jeu » présenté dans la Galerie d’Art à Vocation Pédagogique de L’ESPE de SAINT-BRIEUC. Lors de cette séance, nous avons mimé les œuvres, parlé de ce que chacun en percevait (j’ai l’impression de voir une pomme de pain, …), fait des jeux pour entrer dans l’œuvre : devine la bonne œuvre. Lors de ce jeu, un enfant, se cachait les yeux face au mur. Sans un bruit, les autres choisissait une œuvre. Quand l’élève revenait dans la galerie, un autre élève désigné lui donnait un indice (le dessin ressemble à une étoile) et l’enfant inspecteur devait trouver la bonne œuvre. Ce jeu a ensuite évolué avec des mimes à la place de l’indice, puis avec des dessins rapides. Dans cette dernière étape du jeu, 6 élèves sont restés dans la galerie, les autres se sont mis à l’écart pour discuter de ce qu’ils venaient de voir, une fois revenus dans la galerie, un des élèves dessinateurs présentait son dessin et le reste de la classe devait trouver l’œuvre correspondante. Au retour, dans la classe, j’ai mis en place un débat entre les enfants sur ce que l’on avait retenu de l’exposition et, sur une feuille, ils ont retranscrit par le dessin, ce qu’ils avaient retenu.

Lire la suite:

expoLa deuxième séance, s’est déroulée à l’école, en demi-groupes, dans la salle d’arts visuels. A l’aide du vidéoprojecteur, nous avons revu les œuvres de l’exposition, et retiré les points importants que nous avions retenus la fois précédente. De là, nous avons fait une relation entre une œuvre exposée, celle de Jean DEGOTTEX, « série de vague », et l’œuvre « La grande vague » de Hokusaï. A partir, de ces deux artistes, nous avons reproduit le dessin de la grande vague en trois dessins du plus précis au plus simple. Pour cela, les deux groupes étaient soumis à une contrainte de temps. Ils avaient dix minutes pour copier le premier dessin, cinq minutes pour le second et quinze secondes pour le dernier. En plus de cette contrainte de temps, le premier groupe avait une contrainte d’outil : le premier dessin au crayon de papier, le second au feutre et le dernier au marqueur. Le deuxième groupe avait une contrainte différente, une contrainte de geste : les élèves avaient le droit de lever le crayon autant de fois que souhaité pour le premier dessin, 6 fois pour le second et 2 fois pour le dernier.

shynna 3 La troisième séance est une séance d’expérimentation sur le thème de l’eau. En demi-groupes, dans la salle d’Arts Visuels, les élèves avaient à leur disposition de l’eau colorée à la gouache bleue, des demi-pailles qui leur servaient à faire du goutte à goutte et des traînées d’encre, des éponges qu’ils ont utilisé en tapotant ou en frottant, des cotons tiges, des kalams (ancêtre de la plume asiatique en bambou), et de l’eau colorée mélangée à du produit vaisselle avec lequel les élèves pouvaient produire des bulles à l’aide d’une paille entière et poser leur dessin dessus pour obtenir une représentation d’écume. La seule consigne était d’évoquer la mer à l’encre sans pinceau.

SAM_5129

La dernière séance, en demi-groupe dans la salle d’arts visuels, avait pour but de mettre à profit les expérimentations et séances précédentes, dans une production finale. La consigne : évoquer l’eau à l’aide d’encre verte et un pinceau. La contrainte : dissimuler, camoufler son prénom dans la production, sachant qu’il n’y avait qu’une seule couleur et un verre d’eau à disposition. Les élèves ont fait part de stratégies très différentes les unes des autres, certaines utilisant l’eau mise à disposition et d’autres étant des stratégies de placement des éléments. Certains ont recouvert leur prénom avec de l’encre diluée avec de l’eau, d’autres en transformant les lettres de leur prénom en dessin, d’autres en passant des vagues par dessus leur prénom, d’autres en encerclant leur prénom de vagues ou de motifs, d’autres encore en transformant les lettres de leur prénom pour les intégrer à leur dessin.SAM_5213

A la fin de la séance, nous avons posé tous les dessins côte à côte et les enfants ont parlé de leur dessin, de leurs intentions, des signes utilisés pour évoquer la mer et des stratégies qu’ils avaient mises en place pour camoufler leur prénom.

SAM_5204

La séance que j’ai choisi d’analyser est la deuxième séance, soit la première séance de pratique réelle des élèves. Nous sommes partis de l’exposition vue à l’ESPE en nous appuyant sur les œuvres de Jean DEGOTTEX, « série de vagues » œuvres numéro 3 et 5 observées lors de l’exposition et celle de HOKUSAÏ, « la grande vague » de laquelle Jean DEGOTTEX s’est inspiré pour réaliser ses propres œuvres. J’ai choisi ces deux œuvres car elles étaient très différentes et pourtant elles évoquaient la même chose. J’ai choisi d’associer l’œuvre « la grande vague » à la pratique car elle s’inspire du réel et parle aux élèves. Pour découvrir l’œuvre de Jean DEGOTTEX, nous l’avons d’abord mimé puis nous avons cherché des indices à donner pour la décrire, nous avons dessiné une partie et enfin nous avons exprimé ce que l’on en percevait. Les élèves voyaient dans ses œuvres : une pomme de pain, des vagues debout, des vagues couchées, des fleurs, …etc. J’ai posé la question : « d’après vous, qu’a utilisé l’auteur pour réaliser l’œuvre ? ». Les élèves ont répondu : « des éléments de la nature plongée dans de la peinture, de la peinture noire, de l’encre noire, ses doigts et de l’encre noire, des stylos noirs, … . Puis, nous avons confirmé les hypothèses de l’encre noire. Pour découvrir l’œuvre de HOKUSAÏ, nous avons d’abord regardé celle de DEGOTTEX et nous avons cherché ce qui était pareil et ce qui était différent. Les réponses des élèves étaient pour ce qui est du même ordre : « l’eau, les vagues, la nature, la forme, … » et pour ce qui est divergent : « la couleur, le réel, la montagne, les bateaux, … ». Puis nous l’avons aussi mimé. Nous l’avons en même temps décrite en utilisant du vocabulaire approprié concernant l’espace, la taille, la couleur, les formes et l’impression donnée. Il en est ressorti que la vague était impressionnante, réaliste, presque agressive et que l’on pouvait croire que la vague allait manger la montagne et les chaloupes. Une fois tout ce travail effectué, les élèves se sont lancés dans le premier dessin. Pour celui-ci, tous avaient une contrainte de temps de 10 minutes. Ils avaient le droit de se déplacer voir le tableau, de refaire le dessin avec le doigt, de mettre leur feuille devant le vidéo-projecteur pour voir l’effet obtenu sur la feuille, de faire tous les détails du dessin et de se donner des avis ou conseils. Pour le second dessin, les élèves avaient cinq minutes pour effectuer le dessin. Dans ce dessin, la contrainte différente pour chaque groupe différenciait les stratégies. Le groupe ayant un outil différent, ne pouvait pas faire tous les détails car le feutre est plus gros que le crayon et ne laisse pas paraître tous les détails. Le groupe possédant la contrainte de geste devait se poser les questions des lignes les plus importantes du dessin et indispensables avant de le réaliser. Les détails n’étaient plus faisables non plus dans cette contrainte. Pour la réalisation du troisième et dernier dessin, les élèves n’avaient que quinze secondes pour réaliser leur production. Pour la réalisation de ce dernier dessin, la contrainte de temps était très forte et persuasive. Le manque de temps de création a obligé les élèves à anticiper le dessin qu’ils allaient réaliser et à faire des choix avant même de commencer à dessiner. Ce temps ne permettait pas de recommencer, effacer, modifier, … . Ils ont donc visualisé précisément ce qu’ils allaient produire avant de poser le crayon sur la feuille. Le groupe ayant la contrainte d’outils devait dessiner avec un marqueur. Les marqueurs de l’école étant trop fin, la contrainte de temps a pris l’ascendant sur la contrainte d’outils qui n’a pas été suffisamment efficace et laissait la liberté aux élèves de dessiner les mêmes détails que sur le dessin précédent. Le groupe soumis à la contrainte de geste a été très efficace, le temps et le nombre de levers de crayon maximum cumulés a permis la mise en place de stratégies avant le dessin. Certains élèves sont venus au tableau observer une dernière fois l’œuvre et sont passés avec leur doigt sur les trois lignes maîtresses de l’œuvre selon eux. D’autres, ont imaginé cette procédure dans leur tête, d’autres ont pris leur deuxième dessin et se sont demandés quoi enlever. Une fois le temps de création décompté, ils ont dessiné très rapidement leur première ligne et pour certains ont calculé pour voir où devait se mettre la seconde et ont positionné les deuxième et troisième lignes très rapidement. Seules les trois lignes principales de l’œuvre sont restées visibles, certains ont choisi de confondre la montagne et la vague dans une seule ligne pour faire apparaître la présence d’une chaloupe, d’autres ont éliminé les chaloupes et mis en avant la montagne. Ces dessins mettent réellement en avant la notion de signe. Ainsi, cette contrainte était très efficace et instructrice pour les élèves.

Cette séance pourrait être poursuivie par une séance sur les thèmes de l’eau, du signe, de la vague, de la trace au choix. Les aides mises en place sont des aides d’observation et non de réalisation, afin de laisser aux élèves libre-cours à leur imagination. Pour le premier dessin, les remédiations possibles étaient de laisser les élèves utiliser le projecteur comme calque, ce que les élèves n’ont pas trop osé faire. Les possibilités d’approches différentes de ses œuvres auraient pu être par exemple, de prolonger un morceau de l’oeuvre, la lecture d’un album qui raconte une histoire à partir de l’œuvre « la grande vague » de HOKUSAÏ ou encore d’utiliser la technique d’estampe de HOKUSAÏ. La séquence présentée peut faire l’objet d’une séquence inter-discipline en lien avec la découverte du monde notamment les différents états de l’eau. Au cycle des fondamentaux, en arts visuels, les élèves ont comme pré-requis et comme pré-acquis, l’utilisation du pinceau et de la peinture, savoir ce qu’est de l’eau, diluer de l’eau et de la peinture, décrire ce qu’ils voient, avoir rencontré une œuvre. Les programmes énoncés par le bulletin officiel hors série numéro 3 du 19 juin 2008 en arts visuels ne sont pas très explicites concernant les savoirs à mettre en place en arts visuels aux cycle deux. Ils suggèrent de faire pratiquer les élèves autant que possible, varier les pratiques et supports, de mettre en place des activités simples mais combinées ou encore de rencontrer des œuvres et de connaître ou d’être en confrontation avec du vocabulaire artistique. Au cycle un, en arts visuels, le plus important est d’être confronté à des œuvres artistiques et de pratiquer avec un maximum de médiums différents et surtout de s’exprimer librement au travers du dessin. Au cycle, des méthodes, des outils et des médiums d’arts visuels sont utilisés dans de nombreux apprentissages afin de permettre à l’élève de ressentir ce qu’il apprend par le geste, le toucher et de voir ce qu’il en est par l’image.

Le thème de l’eau en arts visuels peut faire l’objet d’une séquence au cycle un, en maternelle en parallèle à une séquence en découverte du monde sur l’eau. Adaptée aux élèves de maternelle, cette séquence pourrait davantage développer l’expérimentation avec de l’eau dans les réalisations, par exemple, comme dans la séance trois, elle pourrait être axée sur le fait de peindre de l’eau, des vagues sans pinceau à l’aide de bulles de savon soufflées à l’aide d’une paille (les bulles marbrées), d’éponges, de paille, mais aussi par exemple de glaçon, de gouttes d’eau soufflées à l’aide d’une paille, … . Puis, comparer avec les œuvres des artistes. Ensuite, cette expérimentation pourrait servir à réaliser un projet commun à la classe, par exemple une fresque sur le thème de la mer pour décorer le couloir ou la cantine. La consigne pourrait donc être  « prolonger le dessin commencé montrant la mer » et la contrainte « ne pas utiliser de pinceau, ne pas laisser de grand trou blanc, s’aider du dessin déjà présent ». Les objectifs visés par cette séance seraient, la prise d’indice, le repérage dans l’espace, la confrontation au travail de l’autre, le respect du travail de l’autre ou encore, dessiner avec des médiums et outils différents. En rapport à la compétence « copier/créer » visée dans la séquence présentée précédemment, il serait possible de proposer aux élèves, une séance ou un projet visant la même compétence. Par exemple, l’enseignant peut demander aux élèves de représenter un objet du quotidien, soit de la maison, soit de la classe. Avant de le dessiner, il serait possible de le photographier pour observer son profil en deux dimensions, de le photocopier pour faire ressortir son contour et ses contrastes et de le manipuler pour ressentir les formes et les courbes de l’objet. On peut opter pour un objet sentimental comme le doudou en petite section ou un jeu favori en moyenne section ou encore l’objet de classe le plus utilisé par l’enfant en grande section. Une fois les deux réalisations faites et la manipulation effectuée, l’enfant devra, sur la photocopie ou sur la photographie au choix relever les contours et mettre en valeur l’objet. Ensuite, on peut continuer en faisant remplir l’objet par l’élève d’éléments en trois dimensions, par exemple des boules de papier crépon.

e21204150 JFRERE EC2 et EC5 PBERTRAND

e21204150 JFRERE EC2 et EC5 annexes

Laisser un commentaire