Rivay Manon M1-S8-Groupe 3

1. description/mise en relation/argumentations

Six font la paire
Six font la paire

Titre : Six font la paire

Support : Papier à dessin

Matériaux : lino, peinture acrylique noire et blanche, plâtre, photographies, feuille blanche,

Outils : spatule à gratter, ciseaux, pinceaux, appareil photo, colle, rouleau

Description : « un objet qui sort du support », série de représentation de la paire de lunettes

Démarche :

Ce travail m’a été inspiré dans le cadre du TP autour de l’objet. J’ai choisi de travailler autour de la consigne « un objet qui sort du support ». Il fallait choisir un objet et le représenter avec comme contrainte : « renforcez les articulations de votre « représentation » avec l’objet lui-même. L’objet sera présent dans votre production finale. » J’ai sélectionné la paire de lunettes, trouvée en salle d’arts visuels, comme objet central du travail.

A partir de linogravure et de peinture acrylique noir, j’ai réalisé une série de planches représentant la paire de lunettes. A l’aide d’une spatule fine, j’ai gratté le lino pour former la silhouette de la paire de lunettes, j’ai intentionnellement travailler sur les contours de l’objet ainsi que sur la matière notamment les reliefs présents sur les côtés des verres. Le choix de la couleur de la peinture a été facilement sélectionné : les verres sont noirs sur l’objet et par l’utilisation de la peinture sont également noirs sur les planches. J’ai réalisé 5 planches à partir de la linogravure et ai sélectionné 3 d’entre elles suivant le rendu. La première planche est la première réalisée, la peinture est plus présente, les contours de la gravure sont plus précis. Petit à petit l’objet s’empare du noir du fond pour se matérialiser, pour sortir du support.

J’ai ensuite photographié l’objet en essayant de conserver la position représentée sur le lino et en noir et blanc. J’ai imprimé en deux exemplaires la photographie sur un papier blanc à partir d’une imprimante pour préserver un aspect « photocopie ». Les planches réalisées par linogravure se rapprochent de cet effet.

J’ai enduit les verres de la paire de lunettes de bandes de plâtre. Après un temps de séchage, j’ai retiré le plâtre et l’ai appliqué sur une photographie. Le plâtre a été par la suite peint avec de la peinture acrylique : de couleur noire pour les verres, et un mélange de noir et de blanc pour le métal. La texture rugueuse du plâtre se rapproche de l’aspect usé du métal de la paire de lunettes.

Progressivement, l’objet représenté utilise le noir du fond pour se matérialiser. Il devient de plus en plus « réel » par les photographies et se concrétise par le relief. L’objet apparaît enfin dans sa globalité.

Œuvre de référence :

Andy Warhol Ten Lizes, 1963
Andy Warhol Ten Lizes, 1963

Huile et laque appliquées en sérigraphie sur toile, 201 x 564,5 cm, Musée National d‘art moderne du centre Pompidou

http://mediatheque.ville-bagnolet.fr/Andy-Warhol.html

Warhol réalise cette toile en 1963. Il n’utilise pas une photographie contemporaine de l’actrice mais une photographie lui appartenant datant de 1959. Il pousse à comparer les traits de l’actrice, avant et après la pneumonie virale qui avait menacé de l’emporter en 1961. Warhol est un des artistes majeurs du Pop’art.

Warhol utilise le procédé de la sérigraphie qui consiste à reporter mécaniquement une image sur une toile en la réduisant à ses traits essentiels. L’utilisation de la linogravure se rapproche de cette technique. En gravant le lino, j’ai conservé certains éléments de l’objet. La forme est dépouillée de ses détails. La technique de la sérigraphie lui permet d’approcher son idéal d’objectivité, selon lequel la perfection serait la reproduction à l’identique. Cette opération aurait pour effet de séparer l’image des significations qu’on lui attribue pour n’en conserver que l’apparence.
Pourtant, la multiplication des portraits de « Liz » ne correspond pas à l’idéal de Warhol: aucune image n’est identique à l’autre. De même les planches de la paire de lunettes, bien qu’elles soient issues du même modèle, sont différentes suivant la peinture appliquée sur le lino, les gestes effectués avec le rouleau, et l’appui plus ou moins fort du rouleau sur la feuille.

Cette œuvre de Warhol peut être également mise en relation avec ma production par l’utilisation de répétition, de série.

Warhol mettait également en scène l’objet dans ses réalisations comme dans notamment bouteilles de Coca-Cola ou boîtes de soupe Campbell.

Coca-Cola, Wharol
Coca-Cola, Wharol

 

Campbells, Wharol

http://www.paperblog.fr/1999230/icones-contemporaines-1/

http://agro-alimentaire.blogspot.fr/2011/12/art-et-alimentation-les-soupes-campbell.html

2. Transposition didactique :

Cette production autour de l’objet peut soulever plusieurs problématiques :

– la notion d’œuvre d’art par rapport à l’objet usuel

– forme figure (dessin) / structure (objet)

– texture réelle / inventée

– volume réel/ suggéré

– assembler / intégrer / présenter

– copier / photocopier

– reproduction / original

3. Piste pédagogique

3 séances autour de l’objet

  • Consigne pour l’ensemble des séances: représenter l’objet de 3 façons différentes, puis comparer les productions avec l’objet du réel, et trouver un moyen de « les mettre ensemble » (assembler, intégrer, présenter…)

  • Contrainte : l’objet devra apparaître dans la production finale.

  • Objectifs généraux :

    – choisir un objet pour l’intérêt que l’élève lui reconnaît;

– réunir des images et un objet de façon organisée dans un ensemble personnel

– décrire une image, s’exprimer sur une œuvre

– réinvestir dans d’autres disciplines les apports des arts visuels

– développer l’imagination, l’habileté, l’autonomie de l’élève

-ouvrir le champ des connaissances artistiques

– exploiter différents modes de représentation

– expérimenter des techniques variées

  • Objectifs spécifiques :

– détourner le sens usuel d’un objet pour créer une œuvre

– apprendre à jouer avec les variables

agir sur l’objet : le mettre en scène en recherchant des éléments plastiques qui vont compléter, mettre en valeur ou lui donner une autre signification.

– choisir, manipuler et combiner des matériaux, des supports, des outils

  • Évaluation : verbalisation du travail réalisé par l’élève. ; confrontation des points de vue entre les élèves ; savoir présenter et mettre en valeur sa production devant la classe

La place de l’objet dans l’Histoire des Arts et dans l’art contemporain, depuis le début du XXe siècle, justifie sa légitimité dans la pratique et l’enseignement des Arts visuels à l’école. Cette démarche permet aux enseignants d’amener les élèves à prendre conscience que les objets de notre quotidien peuvent porter une dimension esthétique et à développer leur créativité.

Un grand nombre d’objets manufacturés ont été utilisés comme éléments ou matériaux des œuvres d’art du XXème siècle, c’est ce qu’on appelle la transfiguration du banal. « Un objet n’est une œuvre d’art que grâce à une interprétation qui le constitue en œuvre » Danto

Les artistes modernes vont réagir contre la tradition qui valorise la compétence technique au détriment de l’originalité du sujet, et vont ainsi utiliser des objets pour créer des œuvres d’art. Par ces activités, l’élève prend conscience que pour créer une « œuvre » il n’est pas nécessaire de requérir des moyens ou techniques sophistiqués mais de comprendre. C’est pourquoi nous partirons d’un objet banal avec pour objectif de substitution : le faire voir autrement, et pour objectif de faire découvrir aux élèves qu’on peut agir sur la forme, la taille, le matériau, la couleur, la fonction, le contexte, par déformation, agrandissement, multiplication, accumulation, combinaison…

L’objet choisi par l’élève pourra être sélectionné au sein de la classe ou chez lui. La première séance sera consacré aux représentations de l’objet de 3 façons différentes. La seconde séance consistera à assembler les productions avec l’objet réel. Enfin la troisième séance permettra aux élèves de présenter leur production en argumentant leur choix ainsi que d’introduire des références culturelles se rapportant à l’objet dans l’art.

La relecture du sujet est indispensable, les reformulations aussi et il est important de laisser les élèves ne rien faire durant quelques instants afin qu’ils puissent réfléchir.

Pendant la réalisation en atelier dirigé, l’enseignant apportera une aide technique ponctuelle, fera verbaliser les élèves sur leur démarche, repérera ce qui sera intéressant de mettre en valeur lors de la mise en commun qui sera organisée quand tous les élèves auront réalisé leur « objet ».

1ère séance :

  • Présentation des objets choisis à la maison : Description ; Pourquoi avoir choisi cet objet ?

  • Consigne : Représente ton objet de 3 façons différentes.

  • Modalités de travail :

    – Atelier individuel avec aide ponctuelle de l’enseignant ;

    – 45 minutes ;

    – Matériel à disposition : feuille cartonnée servant de support, crayons divers, peinture, outils divers (ciseaux, pinceaux, colle…) pâte à modeler ;

  • Verbalisation des démarches : Quelles techniques utilisées ? Quels outils utilisés ?… En quoi les représentations de l’objet se rapprochent ou s’éloignent de l’objet réel ?

    2ème  séance :

  • Rappel sur la séance précédente

  • Consigne : Trouve un moyen de mettre tes représentations de l’objet et l’objet réel ensemble pour ne former qu’une production finale.

  • Contrainte : ne pas utiliser de colle

  • Modalités de travail :

    – Atelier individuel avec aide ponctuelle de l’enseignant ;

    – 45 minutes ;

    – Matériel à disposition : supports divers, outils divers…

  • Verbalisation des démarches : Quels moyens ? Pourquoi avoir choisi ce moyen ? Quelle signification à l’œuvre finale ? …

3ème séance :

  • Exposition

Un petit temps permettra aux élèves de finir leur travail et d’organiser leurs idées par écrit si nécessaire.

A la fin du travail, « exposition » de tous les travaux rassemblés, verbalisation, mise en commun, débat… : trouver des points communs, des différences entre les productions de la classe.

  • Histoire des arts

On pourra commencer par la référence à la nature morte qui pourrait être travaillée aussi (avant ou après d’ailleurs, en dessin et en peinture, voire en collage) et montrer que jusqu’au XXème siècle les objets étaient seulement représentés. Depuis la Nature morte à la chaise cannée (1912) de Picasso, suivie par la Roue de bicyclette (1913) de Duchamp, les collages et tableaux d’assemblages de Kurt Schwitters, les collages et assemblages d’objets surréalistes, le XXe siècle n’a plus cessé de convoquer l’objet réel dans les oeuvres.

Pommes oranges, Cézanne

Nature morte à la chaise cannée, Picasso

Fontaine, Duchamp




Une réflexion sur « Rivay Manon M1-S8-Groupe 3 »

  1. Les questions soulevée en didactique sont explicites:
    la notion d’œuvre d’art par rapport à l’objet usuel – forme figure (dessin) / structure (objet)
    – texture réelle / inventée
    – volume réel/ suggéré
    – assembler / intégrer / présenter
    – copier / photocopier
    – reproduction / original.
    Elles trouvent leur concrétisation dans la situation pédagogique convoquée.
    Pascal BERTRAND

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