Chloé Le Fralliec M1/G4 – Diptyque Gwenn ha du (noir et blanc)

Le thème de l’arbre imposé pour le TP « du graphisme au dessin », nous avions une liste d’incitation au choix. J’ai choisi d’explorer la N°4: Dessinez un arbre… du plein au vide…

Le point de départ de Gwenn ha du est un pochoir. Celui-ci a été réalisé grâce à la photocopie d’une image contrastée d’arbre sur un transparent (silhouette transparente sur fond noir), puis découpée au cutter. En a résulté, deux pochoirs de l’arbre: un «négatif» et un «positif».

J’ai choisi de travailler en noir et blanc car la notion de contraste m’a semblé importante pour l’utilisation des pochoirs ainsi que pour répondre au mieux à la notion de plein et de vide.

diptyque

Matériaux: Copie sur plastique transparent d’une image de l’arbre (piquée à Pascal Bertrand), papier canson noir et blanc, peinture acrylique noire et blanche, craie sèche noire et blanche, feutre noir,

outils: cutter, éponge, rouleau, règle, pochoirs

J’ai commencé avec «Gwenn ha du-1». Après avoir disposé sur une grande feuille (420 × 594mm ) de canson blanc deux feuilles de canson noir plus petites (210 × 297 mm), j’ai redimensionné légèrement pour obtenir des formats adaptés. J’ai utilisé le pochoir «positif» avec la craie noire sur le support blanc en dessinant les contours de l’arbre puis en frottant au doigt pour étaler la craie vers l’extérieur de la feuille, mais aussi tout autour du pochoir, au plus près, afin de faire ressortir les contours. J’ai procédé de la même manière pour l’arbre blanc sur fond noir. La représentation des deux arbres en symétrie vient de mon envie première d’explorer «l’envers» de l’arbre, c’est-à-dire les racines. Elles resteront ici suggérées pour qui veut bien les voir. Car en faisant, j’ai trouvée intéressante l’idée de reflet, qui se dégage à partir de l’axe de symétrie horizontal, j’ai donc voulu garder identiques les deux parties de l’arbre, ou les deux arbres. Je suis arrivée par hasard à cet impression de «lumière nocturne» venant de derrière l’arbre. J’ai alors envisagé, pour la suite de ma production, comment pourrait être cet arbre de jour, comment la lumière pourrait le traverser.

J’ai reproduit le procédé de symétrie axiale ,cette fois à la verticale, et gardé l’axe horizontal. Pour figurer la lumière traversant le feuillage de l’arbre, jai choisi une éponge et de la peinture acrylique non diluée (et même un peu sèche). En tamponnant légèrement à l’intérieur du pochoir «négatif» avec l’éponge, cela laisse des «blancs» ou des «noirs» du support. La texture sèche de la peinture qui ne s’étale pas donne un léger relief à l’arbre. L’éponge m’a permis de peindre en appliquant la peinture par petite touche, laissant ainsi une place au support, au fond.

Une fois terminée cette production, j’ai eu envie de poursuivre les essais avec les pochoirs -les pochoirs, c’est rigolo- d’où Gwenn-ha-du 2. Ici, j’ai tenté divers effets en utilisant toujours du canson blanc et noir:

  • De l’acrylique -j’ai choisi cette peinture pour ses propriétés couvrantes et brillantes- déposée au rouleau à l’intérieur du pochoir pour représenter la silhouette de l’arbre, faire ressortir les pleins, les vides, le contraste. Avec ce procédé j’ai peint un arbre noir sur fond banc et un arbre blanc sur fond noir.

  • Et les contours de l’arbre dessinés au feutre autour du pochoir positif, pour ne représenter que «l’essentiel» de la forme et profiter de sa ligne de profil dentelée (qui me fait pensé à la côte bretonne, une occasion de justifier le titre).

J’ai par la suite découpé les 3 représentations de l’arbre en morceaux inégaux que j’ai assemblé sur un format 297 × 420 , moitié canson blanc, moitié canson noir. Donnant ainsi naissance à un nouvel arbre composé, ou a une forêt ? J’ai laissé le fond très apparent en gardant des espaces entre les différents composant de l’assemblage.

Référence artistique: Alexandre Hollan, Contre points et analogies

J’ai découvert le travail de Alexandre Hollan après avoir réalisé le diptyque. J’ai choisi de présenter cet acrylique sur toile.

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Sans titre, Alexandre Hollan, acrylique sur toile, 97x146cm, 2007, Galerie Vieille du Temple

http://www.galerievieilledutemple.com/fr/galerie/artistes/alexandre-hollan/cv-alexandre-hollan.html

Alexandre Hollan est né en Hongrie en 1933 et vit en France depuis 1956. Il partage son temps entre son atelier parisien et le Sud de la France.

L’arbre est des deux sujets de l’œuvre de Hollan. Le peintre consacre beaucoup de temps à l’observation et s’isole une partie de l’année dans les garrigues du Languedoc pour y regarder la nature. Il peint inlassablement le même sujet depuis des dizaines d’années et le renouvelle sans cesse. Au travers de la représentation de l’arbre, Hollan travaille sur la lumière et le fond.

Voici ce que dit Hollan en 1991 à propos de sa perception de la lumière:

La lumière est vibration. Voir, c’est réinventer la lumière à partir d’une expérience colorée. Cette lumière est difficile à percevoir, elle donne une profondeur aux couleurs.

Les arbres ont de la lenteur à donner. Je n’ai pas la lenteur, je la prends.

La peinture de Hollan et ses dessins très sensibles l’ont amené à collaborer avec de nombreux poètes, notamment avec Yves Bonnefoy ou Jacques Ancet. La collaboration de Hollan avec ces poètes donne lieu à un dialogue entre la peinture et les poèmes. L’artiste a participé à la publication d’une quarantaine d’ouvrages: livres d’artistes ou livres d’art.

Ce film de Illés Sarkantyu éclaire sur la démarche de Alexandre Hollan et son rapport à la nature. On l’y voit travailler dans son atelier à ciel ouvert, on y perçoit la sensibilité de l’artiste à son environnement et son rapport sensuel aux gestes qu’il effectue.

http://www.dailymotion.com/video/xkgr7r_alexandre-hollan-sur-le-motif_creation?search_algo=2#.UPQbvfKWS4M


Mon travail est opposé à l’œuvre d’Hollan dans le sens ou celui-ci place l’observation au cœur de son œuvre. Effectivement, je ne suis pas partie d’une forme de la nature pour composer mais d’une photocopie de photo contrastée d’un arbre que je n’ai personnellement pas observé vivant. J’ai utilisé le pochoir pour reproduire ce même arbre de différentes façons et explorer les impressions de lumière. Une démarche qui va à l’encontre de Hollan qui va à la rencontre des arbres, de la lumière, de la nature puis les traduit sur le papier ou la toile.

L’arbre peut évidemment rapprocher ma production de l’œuvre d’Hollan, ainsi que la multiplication des explorations et les multiples productions sur le même sujet.

Le fait que la représentation du réel n’est pas la préoccupation peut aussi mettre en parallèle l’œuvre d’Hollan et mes dessins. Il en va de même en ce qui concerne la prépondérance du fond. Pour Hollan l’espace qui entoure l’arbre est un vrai sujet.

Finalement, autant de contre points sur le fond que de points communs sur la forme.

3 réflexions sur « Chloé Le Fralliec M1/G4 – Diptyque Gwenn ha du (noir et blanc) »

  1. L’essentiel est dit. Précise peut-être la démarche poétique d’Hollan, son immersion face au naturel et une citation de l’artiste. Merci de me préciser pour l’accord vers le super blog ou non ?
    Pascal

  2. J’ai apporté quelques précisions à mon article sur vos conseils.
    C’est d’accord pour le super Blog.
    Chloé

  3. Excellent article. la filiation avec Hollan, suffisamment explicitée.
    la vidéo est captivante.
    Pascal Bertrand

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