
Charles Le Brun est un artiste-peintre français du XVII ème siècle. Premier peintre de Louis XIV, ce dernier lui confia de nombreux chantiers à Versailles dont la galerie des Glaces.
Le contexte historique
Au milieu du XVII ème siècle, Louis XIV est au sommet de sa puissance et de sa gloire. Il passe commande auprès de Le Brun afin que celui-ci évoque dans le décor de Versailles les dix-sept premières années de son règne. Le thème de la grande peinture centrale sera donc « Le Roi gouverne par lui-même », faisant référence à la prise de pouvoir du Roi.
Le contexte artistique
Le classicisme est un courant artistique qui a soumis l’Art à des règles rationnelles pouvant être étudiées et apprises. Venu d’Italie, le classicisme devient la doctrine officielle en France à partir de 1660 sous l’impulsion de l’Académie Royale. Cette dernière fut fondée sous l’impulsion d’un groupe de peintres et de sculpteurs dont le but était d’élever le statut des artistes qui n’était pas distinct de celui des artisans.
L’Académie avait peu de pouvoir jusqu’à ce que Colbert y vît le moyen de mettre les artistes au service et sous le contrôle de l’État. Il en fut nommé Vice protecteur. Charles Le Brun, étant son peintre préféré, fut nommé directeur.
Le classicisme est un art fondé sur des principes contraignants qui doivent permettre la production d’œuvres inspirées de l’art antique menant à un idéal de perfection et de beauté. La peinture classique se fixe comme objectif de représenter le triomphe de la raison sur la passion. Pour cela, la technique et le dessin doivent primer sur les couleurs.
Quant à l’œuvre de Le Brun, la voûte de la galerie s’organise en plusieurs compartiments dans lesquels on peut observer des toiles marouflées peintes c’est-à-dire des des toiles fixées (surface souple) à une surface plus rigide. La thématique du plafond se base sur le règne de Louis XIV de 1661 à 1678. Le Brun a pour tâche de retracer des événements glorieux du règne du Roi dans le domaine militaire (les victoires) et dans celui de la vie civile (les réformes administratives et économiques). Dans ce décor, le Roi y est représenté sous les traits d’un dieu ou d’un héros de l’Antiquité. En plus des tableaux, chacun comporte un cartouche précisant sa signification en français, accessible à ceux qui savent lire. La galerie tend à montrer la réussite et la puissance du Roi par sa mise en scène dans les peintures.
Une transposition didactique
Au cycle 3, l’histoire des arts doit apporter aux élèves des connaissances sur des œuvres de référence appartenant au patrimoine ou à l’art contemporain. Ces œuvres sont présentées en relation avec une époque, une forme d’expression (dessin, peinture…) … L’histoire des arts est mis en relation avec d’autres enseignements notamment l’histoire afin d’aider les élèves à situer des œuvres dans le temps et dans l’espace. À la fin du CM2 selon la compétence 5 du palier du socle commun de connaissances et de compétences, l’élève est capable d’ « identifier les principales périodes de l’histoire étudiée, mémoriser quelques repères chronologiques pour les situer les uns par rapport aux autres en connaissant une ou deux de leurs caractéristiques majeures ».
Les programmes de 2008 proposent également une liste de référence artistique dans laquelle les enseignants peuvent puiser pour articuler l’enseignement de l’histoire des arts et histoire. Pour ce qui est de l’œuvre de Le Brun, le travail réalisé autour de celle-ci portera sur la peinture au XVII ème siècle aux Temps modernes. Un prolongement pourra être fait autour de l’architecture royale en prenant le château de Versailles comme référence. Cette étude sera à réaliser en parallèle au programme d’histoire lorsque le thème de Louis XIV, un monarque absolu, un des repères clés du programme, sera abordé.
En lien avec cette œuvre du patrimoine, une activité en arts visuels peut être proposée aux élèves de cycle 3. Il s’agirait de leur faire faire une peinture sur un support souple que l’on pourrait ensuite fixer à un support plus rigide. Un thème sera donné à la classe. Il pourra s’agir, par exemple, de peindre les illustrations d’un album étudié. Le but sera de faire une chronologie à partir de ce thème. Les « rôles » entre les élèves seront donc bien définis. Une fois ces peintures faites, elles seront fixées à une porte ou sur des planches de bois. Pour compléter la technique et pour continuer de faire référence à l’œuvre de base, les élèves pourront entourer leur production d’une décoration, pour reprendre les stucs du plafond de Versailles, avec du plâtre ou du carton qu’ils pourront peindre. Ainsi, les élèves travailleront autour de la notion de « marouflage » et ce sera à eux de fixer leur propre peinture au support rigide.
Des contraintes seront imposées aux élèves. Ils devront utiliser la peinture comme pratique artistique et utiliser un support souple. Ils devront également respecter la chronologie d’une histoire.
Les opérations plastiques seront les suivantes : entourer, faire cohabiter, joindre, assembler, intégrer.
Le matériel nécessaire sera de la peinture, des supports souples (feuilles canson, feuilles de soie…), une planche en bois si nécessaire, de la colle, du plâtre.

Merci Fanny de ta contribution.
Autour des peintures réalisées par les élèves, on pourrait leur préciser que le cadre crée soit tantôt plus visible que la peinture elle-même (en relief, couleurs vives, effets de matières…) ou fondu dans le décor (camoufler, dissimuler…).
Pascal BERTRAND