Caraco

J’ai échoué, j’ai échoué sur une île
Aride et hostile. Où aucun arbre ne semble porter ses fruits.
Ecorchée par les rochers, je panserai peu à peu mes plaies.
J’amarre mon radeau de fortune à un arbre étrange.
Que faire de tous mes bagages, valises et malles ?
Les laisser ? Et portés par les courants forts,
Ils échoueront sur d’autres rives.
Lasse et blessée, j’aperçois soudain sur l’Autel
Une petite bête innocente qui gît, sacrifiée
Pour calmer je ne sais quel dieu en colère.
J’ai échoué sur cette île…
Je dois bâtir pour cette nuit une hutte.
Cueillir des fruits. Faire un feu pour me réchauffer.
Je suis Robinson en jupons et caraco.
J’érigerai demain une ville fortifiée pour me protéger.
J’apprendrai seule à me défendre. Il le faut !
(Même si parfois je me sens Don Quichotte qui lutte
contre de gigantesques moulins à vent.)
J’ai échoué, j’ai échoué sur une île
Qu’il me faudra apprivoiser et explorer.
Est-elle déserte ou habitée ?

Katia B.

Mémorial de l’abolition de l’esclavage – Nantes

Comment mettre en scène la mémoire et les traumatismes dans un espace public ? Avec quels médiums ? Faut-il effleurer ces pans violents et criminels de l’Histoire pour ne pas choquer ou les exposer à la lumière crue du jour ? Théâtraliser ou édulcorer l’atroce réalité ? Krzysztof Wodiczko et Julian Bonder ont tous deux travaillé sur le sujet.
Quand on entre sur l’esplanade, le parvis est jonché de plaques commémoratives : des noms d’expéditions, de bateaux négriers… (ne pas regarder le ciel sous peine de ne rien voir). Ensuite, on entre dans la partie souterraine de l’exposition. La part d’ombre et sombre de l’Histoire. Quelques dates importantes sur une frise nous rappellent que l’abolition de l’esclavage a maintes fois été votée, puis l’esclavage rétabli etc. Des lumières rouges-sang. Des portraits d’esclaves noirs que l’on devine. Une bande sonore nous renvoit des bruits presqu’inaudibles de chaînes d’esclaves, de la mer déchaînée et quelques paroles. On se croirait dans la cale d’un bateau négrier. Sur chaque panneau oblique, les mêmes mots gravés et répétés comme un leitmotiv et dont voici quelques-uns : Mom sa bop, Fahafahana, Ufolo, Liberdade, Freedom, Liberté ! La liberté, en toutes langues, en tous pays. Un rêve ? Une utopie ? Sont gravées aussi les citations d’hommes politiques, écrivains, artistes, hommes d’église… Des témoignages d’anciens esclaves. Des extraits de poèmes, de chansons, de Negro spirituals. Au bout du parcours qui forcément informe, bouleverse, choque et fait réfléchir, une petite ouverture nous laisse entrevoir le Palais de Justice -ce grand bâtiment noir, sur l’autre rive.
Katia B.

Voyage à Nantes – Playgrounds 2

Jouer au badminton avec un filet haut de 2 m 50 sur un terrain de jeu en couleurs, (du coup se sentir lilliputien). Faire du basket équipé de lunettes 3D, avec un vrai ballon mais un faux panier (en 3D). Taper dans un club de golf dont l’extrémité est une chaussure à talon haut. Etc. Vous en aviez rêvé ? Playgrounds l’a fait !
Jusqu’au 15 août, le Lieu Unique propose une exposition hors du commun qui place le spectateur non plus dans le rôle du « benêt » admirant les oeuvres bouche-bée d’admiration mais dans la position d’acteur. Pour une fois son corps, plus que son âme, peut entrer dans le jeu : courir, dribbler, lancer, sauter, tomber, jouer… Tout est possible. Il peut aussi être filmé durant une performance : son image est ensuite projetée sur grand écran, face aux starting-blocks.
Ces jeux, inspirés de jeux existants, sont revisités, pensés et construits par des équipes d’architectes de Nantes, Paris et Rennes. Ainsi cette exposition est à la frontière de l’architecture, du conceptuel, de l’installation et de la performance (surtout celle des gens qui, comme moi, ne sont pas sportifs). Je pense y retourner, surtout pour le badminton géant !
Katia B.

Le voyage à Nantes – Agnès Varda 1

Itinéraire 1 Voyage à Nantes. Passage Pommeraye, une boutique a été reconstituée par Agnès Varda telle qu’elle était lorsque Jacques Demy a tourné le film : « Une chambre en ville », avec Piccoli. Plusieurs télévisions sont exposées. L’une d’entre elles nous présente les dernières élections présidentielles. Une autre : le film Jacquou le Croquant, au ralenti, car les images du passé et de l’enfance s’étirent parfois… Une projection d’extraits du film de Demy passe à intervalles réguliers.
Reste aussi la valise de l’actrice, posée près du comptoir, laissée là lorsqu’elle a fui son mari. Parce qu’elle voulait divorcer, il ferme sa boutique à clef, pensant garder son épouse. Il finira par se trancher la gorge et mourir devant elle. Ne restait plus qu’une seule solution : casser le vasistas et fuir, sans sa valise. Démunie et nue sous son manteau de fourrure.
Au 14 rue de Santeuil, en haut du passage Pommeraye, l’artiste a aussi mis en scène un squatt qui me donne aussitôt la chair de poule. Murs défoncés (à coups de masse), crasseux, quelques portes condamnées, vitres cassées ou réparées avec du gros scotch, lavabos fêlés… Un piteux matelas. Un caddie. Un poêle à bois. Et trois écrans de télé : dans l’un d’entre eux, tranformé en four à micro-onde, mijote un cassoulet (de premier prix). Dans l’autre nous sont contées des histoires… « Il était une fois un homme, des pays de l’Est, qui avait fuit son pays et surtout le dirigeant politique et la mafia. Il y a aussi cette femme et ses enfants qui ont quitté le sol africain à feu et à sang, la misère. Etc. » Ces réfugiés et emmigrés ont atterri ici, dans le pays des Droits de l’Homme et du Citoyen. Mais ils essaient de survivre, fouillent les poubelles des hypermarchés pour se nourrir. Le Conseil Général en loge quelques-uns dans des hôtels de Nantes, faute de logements. Ils perçoivent aussi un peu d’argent, contre quelques heures de travaux d’intérêt général. Certains n’ont d’autres solutions que de squatter. Agnès Varda a rencontré beaucoup de squatters, avant de mettre en scène cette exposition-installation. Elle sait de quoi elle parle. Sur les murs de l’expo, des coupures de journaux témoignent de leurs vies de misère. A moins qu’elles ne filtrent la réalité (trop crue) comme le font certains médias actuels.
28 juillet 2012; Katia B.

Cellul’Art et les cycle 3 : Découverte de la technique photographique à partir des œuvres du plasticien Pascal Mirande.

Exposition des oeuvres des élèves de cycle 3

En partenariat avec le dispositif « Objectif photo » du CDDP, les membres de Cellul’Art, galerie à vocation pédagogique, ont eu la chance d’accueillir dans les murs de l’IUFM de St Brieuc les œuvres du photographe et plasticien Pascal Mirande. Au delà de leur simple exposition, ces dernières devaient constituer le point de rencontre entre des étudiants de l’institut et des élèves du primaire au vue de la mise en place d’ateliers en arts visuels. Et plus encore, elles devaient nous permettre de concrétiser un souhait : ouvrir nos portes à un plus large public et tout particulièrement aux cycles 1 et 2.

Et c’est chose faite ! Grâce à l’enthousiasme et au dynamisme des enseignants de l’école Jean Nicolas, tous les cycles ont pris part au projet. Divers travaux sont nés de cette collaboration et seront exposés dans les coursives de l’IUFM de St Brieuc dès le début du mois de juin.

Cet article vient dès lors présenter les ateliers effectués en cycle 3 non seulement pour ceux qui n’ont pu participer à cette démarche extrêmement enrichissante et qui pourtant souhaiteraient connaître le déroulement des séances, mais aussi pour donner envie à d’autres de perpétuer ce projet plusieurs années durant… Continuer la lecture de « Cellul’Art et les cycle 3 : Découverte de la technique photographique à partir des œuvres du plasticien Pascal Mirande. »

Maëlle Thibault – groupe 3

 

contour et pelage au pastel gras
Travail sur photocopie: contour et pelage au pastel gras

Nous avons poursuivi notre travail avec les élèves en moyenne et grande section de l’école Jean Nicolas (voir mon article du précédent semestre sur le blog). A partir d’une incitation autour de doudous…qui ont pris la fuite, nous avons suscité l’intérêt des élèves pour des ateliers d’arts visuels. A travers cet objet transitionnel, nous avons construit et proposé une séquence en abordant différentes techniques (dessin, peinture, sculpture, photographie). Chaque séance englobe différents objectifs détaillés ci-dessous. Pour finir, j’analyserai la séance 3 que j’ai menée avec l’aide de Valérie, enseignante au sein de la classe.

Continuer la lecture de « Maëlle Thibault – groupe 3 »

Bris Audrey Master 1 TD1 Gr2

I/ Description/ Mise en relation/ Argumentations.

J’ai réalisé ma production dans le cadre du TP « GRAVURES et IMPRESSIONS », lors de la visite des élèves de cycle 2. Le but était de les assister dans leur travail de production en leur donnant les outils nécessaires, en les guidant, en les faisant réfléchir.

meltin'pot

La réalisation de la production s’est déroulée en trois étapes :

Continuer la lecture de « Bris Audrey Master 1 TD1 Gr2 »

Pauline Segouin Master 1 TP2

Ballons

Passer du plan au relief… Voilà un thème qui, d’emblée, m’a semblé tout à fait stimulant. Aborder enfin la sculpture, se frotter au modelage de la matière, expérimenter les matériaux, chercher la forme, la trouver peut-être… Mais la consigne directrice de ce projet imposait, avec subtilité, une petite difficulté. On ne saurait s’affranchir si facilement du plan ! Il fallait non pas représenter un objet en relief mais un objet qui sort du relief. Précision essentielle dans laquelle se situe peut-être tout l’art de la sculpture, sa difficulté et son intérêt.  Continuer la lecture de « Pauline Segouin Master 1 TP2 »

Denis Le Hégarat master 1 TD1 groupe 1

capture
capture

C’est dans le cadre de l’initiation au modelage que nous sommes allés au musée de la Briqueterie lors d’un TP dont le but était de nous montrer l’art d’une autre façon. Effectivement, lors d’un bel après-midi ensoleillé, nous avons eu l’occasion de découvrir les oeuvres de Jean Fontaine (l’exposition « la bête est humaine ») d’une manière peu orthodoxe.

Ainsi, différents rôles nous étaient attribués: il y avait celui du journaliste, qui devait mettre sur écrit les sensations qu’éprouvait l’aveugle (dont les yeux étaient bandés), touchant et sentant, plus encore ressentant, les différentes sculptures qui trônaient dans toute la pièce.

Il y avait celui du dessinateur, qui mettait sur papier et ce de la plus diversifiée des manières les différentes oeuvres d’art (tantôt représentative, tantôt abstraite) en jouant sur l’intensité du trait (allant même jusqu’à percer la feuille afin que le non-voyant puisse apprécier la représentation), ou sans lever l’outil qui donnait forme ainsi à des dessins inattendus. Continuer la lecture de « Denis Le Hégarat master 1 TD1 groupe 1 »