NIGHT CLUBBING – Exposition de laurent DESERT à la galerie Ec’arts de l’INSPE de RENNES. Du 03 Mars au 8 Juin 2026.

Photographier c’est écrire avec la lumière. Par collisions de lumières, collages de textes et collusions d’images, Laurent Désert parvient à nous surprendre, à nous émerveiller du réel.

« Le monde est beau avant d’être vrai, le monde est admiré avant d’être vérifié » Gaston Bachelard

Cette démarche artististique protéiforme sait capturer la poésie d’un objet, la douceur d’une lueur, l’apparition d’une luciole pour mieux nous perdre dans l’espace et le temps. On assiste fasciné à des apparitions de formes et de poussières d’étoiles, à la naissance d’une véritable cosmographie artistique.

« J’ai écris une ode à l’univers, j’ai voulu donner à contempler et à comprendre » Hubert Reeves

Entre ciel et terre, nuages et plaques d’égout (autrement appelés regard de chaussée), les yeux en l’air ou au sol, happés par un faisceau lumineux, suivant ou enjambant un canal d’images numériques, notre regard se concentre, se disperse, flotte dans l’espace de la galerie. En photographiant le cycle de l’eau, de l’état liquide à l’état gazeux, Laurent Désert inonde notre imaginaire de sensations colorées.

« Nageur aveugle je me suis fait voyant » Max Ernst

Le cercle est une figure de la perfection et de l’infini. Pour les tibétains comme pour les tribus africaines, les vieux philosophes du Moyen âge ou les maîtres zen, le cercle est la figure centrale: vide nourricier, plénitude première, lieu de naissance de tout ce qui est. Qu’en est-il pour Laurent Désert ? Cette figure lui sert-elle à méditer ?

Mots, thèmes, incitations en écho à la démarche artistique de laurent Désert et déclencheurs de pratiques plastiques: – De l’infiniment petit (comme vu au microscope ) à l’infiniment grand (échelle macro) – matières nébulaires (quarks, électrons, neutrons, atomes, molécules, biomolécules, cellules, organismes vivants ) « QENA M BCO » pour s’en souvenir et qui constituent l’univers et engendrent la vie – Poussières d’étoiles – voie lactée – nuages de nébuleuses – pléiades bleutées – noyaux de galaxies interstellaires – planètes – constellations – iris – pupilles – oeil -oculus – diaphragme etc

  • Fabrication et investigations plastiques d’un carnet, leporello (de formes rondes à partir d’un format A3) pour recueillir vos impressions, ressentis devant les oeuvres exposées.
  • Croquis, prises de notes, relevés poétiques sur place, échanges oraux portant sur ce qui a retenu votre attention.
  •  » Capturez puis composez avec la lumière » – Réalisations d’une série de cyanotypes de formes rondes sur format carré.
  • « Bleu nuit » cyanotypes
  • « Faîtes la lumière »: Avec la source lumineuse figurée, crayon graphite et fusain sur format carré blanc – En représentant uniquement les effets lumineux, crayons et encre blanche sur format carré noir.
  • « c’est la nuit » stylo bic sur papier blanc de format rond
  • Prise d’empreintes de couvercles pour un travail sériel sur le motif rond.
  • « Pliez de manière aléatoire une feuille de brouillon puis recouvrez la d’une autre feuille de papier et réalisez son empreinte par frottage à l’aide d’un crayon. Concevez une image à partir de cette forme aléatoire. « Regarde sur un mur barbouillé de taches […], tu y verras des paysages, des montagnes, des fleuves, des batailles, […] » Léonard de Vinci. Voir paréidolie.
  • Prélevez des images, textures, couleurs issus de magazine , composez par le collage et le dessin une représentation inattendue mais cohérente d’un espace profond, à l’infini et au-delà ! Collage (combinaison, hybridation, métissages, passages , compositions ) – Série de trois formats ronds sur bandes horizontales.
  • Utilisez les images au sol de l’exposition comme matériaux d’une nouvelle production artistique suivant une pensée dialectique ( action d’opposer, d’argumenter, de distancier et de confronter) puis une pensée divergente (action d’associer afin de créer du nouveau). Ainsi pourra-t-on interroger les couples suivants: Détruire/créer – Décomposer/recomposer -Déconstruire/reconstruire – Déchirer/associer – Prélever/incorporer – Fragmenter/réunir – Hétérogène/homogène

Enjeux des TP d’arts Plastiques, des techniques et des notions autour de traces, empreintes, frottages, monotypes et cyanotypes . Autant de procédés techniques qui appartiennent à la grande famille de l’estampe et qui interrogent: le geste, la représentation, la lumière, la ressemblance et l’écart avec le réel, la narration présente dans les images fabriquées:

Le cyanotype est un procédé photographique monochrome négatif ancien inventé en 1843 par le scientifique J.F.W Hecshel et utilisé par les botanistes pour répertorier les plantes puis par les artistes . On obtient ainsi par contact, un tirage photographique bleu de Prusse, bleu cyan. Anna Atkins, botaniste et aquarelliste l’a magnifiquement enrichie dans un livre « British Algae « 

Anna Atkins, Alaria esculenta (1849)et Ulva latissima (1853), publié dans Photographs of British Algae, 1843–53. Cyanotypes. New York Library.

Techniques expliquées ci-dessous:

Une synthèse des objectifs visés et des questionnements présents dans les programmes d’Arts plastiques du cycle 1, 2 et 3:

Autres références artistiques en lien avec laurent Désert:

les planètes de François Dilasser, les séries de frottage-collage de Max Ernst, les tondos d’Alechinsky, les collages-dessins de Francis Blanchemanche, les collages dadaïstes, surréalistes et collages numériques contemporains.

« Regarder n’est pas une compétence, c’est une expérience dont
il faut, à chaque fois, reformer, reconstruire les fondations. […]
Tout est là, rien n’est caché ! Le mystère n’est pas derrière la porte,
il est la porte elle-même »
Georges DIDI-HUBERMAN
« […] “rencontrer une œuvre”, ce n’est pas simplement “passer devant”, ce n’est pas seulement l’avoir devant soi, la percevoir physiquement, la désigner, pointer ces éléments… Et ce n’est pas seulement en parler, nommer son créateur, ses matériaux, son
histoire, l’analyser à l’aide d’outils divers. En utilisant l’expression
de rencontre avec l’œuvre, nous postulons, à titre exploratoire,
une différence entre “être au contact de” et “faire l’expérience
de”. »

Jean-Charles CHABANNE

Gabarits pour réaliser un fanzine – pliage magique et leporello:

Outils d’analyses filmiques exploitables en classe:

L’image fixe ou animée est entendue comme trace ou indice d’un fait, d’un événement ou d’une présence. On distingue l’image vraie (le réel) , de l’image fabriquée, construite, photographiée, rêvée. L’image témoigne donc du réel (l’image est reflet-Imago et possède un référent réel ) ou le simule, le recrée, le réinvente (Fictionnelle, l’image nous fait croire. Elle n’est pas la réalité ). Dans cet écart inévitable entre le réel et son image, entre la ressemblance (représentation-mimésis) et la vraisemblance (fiction) se trouvent les choix de l’artiste qui révèlent les intentions de l’auteur.

Exemples d’objectifs possibles d’un professeur en classe de 5ème:

– Amener l’élève à comprendre que l’image ressemblante ne se limite pas à la seule
reproduction du visible, mais qu’elle instaure des similitudes et des écarts avec le modèle
qu’elle reproduit. Ces écarts peuvent être d’ordre plastiques (matière, texture, couleur etc pour les images fixes et sons, narrations, voix, gestes, rythmes, montages, raccords etc pour des images animées) et sémantiques (métaphorique, poétique, symbolique…).
Il s’agira notamment de comprendre que l’image de la réalité n’est pas la réalité.
– Comprendre que l’image relève des intentions d’un auteur et s’adresse à un public ciblé.
– Comprendre que l’image est un langage propre qui possède ses codes.

Éduquer à l’image, c’est indissociablement éduquer par l’image. C’est
éduquer à la capacité de décoder des images pour résister à la sidération
hypnotique. Mais c’est aussi accompagner un sujet pour qu’il approche
l’image comme une œuvre, porteuse d’une intention et permettant d’accéder
à l’intelligence de soi et du monde. Pas d’image sans grammaire. Mais pas
de grammaire sans texte. Les exercices scolaires ne sont éducatifs que s’ils
sont aussi des exercices d’admiration partagée»
Philippe Meirieu – colloque pour l’éducation à l’image de demain-2012


Réaliser des images, faire un film permet aux élèves de s’exprimer, de
poser un regard sur eux-mêmes et sur le monde qui les entoure. Écrire un
scénario est une manière de formaliser une idée, une histoire, une
émotion…Prendre un appareil photo ou une caméra est un moyen, un outil
pour retranscrire une sensation. Alain Bergala – l’hypothèse cinéma

Le premier film, en continu, sur une bande de moins d’une minute, en un seul plan fixe de l’histoire du cinéma:

https://www.youtube.com/watch?v=v6i3uccnZhQ&ab_channel=PrimaVistaQuartet

Brève analyse: Le 28 /12/1895, première représentation à succès du cinématographe, « curiosité sans avenir commercial » selon Lumière ! L’action est brève, comme dans toutes « les vues » des Frères Lumière. Venue du fond de l’écran, une locomotive approche, ralentit et s’arrête, en gros plan dans le champ. Les voyageurs descendent, parmi lesquels Mme lumière et deux de ses petits enfants ! Selon la légende, assis devant l’écran, les spectateurs présents dans la salle du Grand Café à Paris sont effrayés par le train qui paraît se précipiter sur eux ! Epousant le point de vue de la caméra fixe, ils sont saisis par l’effet de réel produit par le mouvement. Le train arrive dans le café à la même vitesse – en mettant le même temps -que dans la gare.

Situé sur le quai, le point de vue de la caméra s’aligne sur celui de l’axe des rails, en perspective: la profondeur du champ procure une réserve d’espace dynamique, propre à la dramatisation du mouvement. La locomotive lointaine semble initialement avoir une vitesse moins grande que lorsqu’elle parcourt les derniers mètres, où elle s’engouffre dans le cadre en le saturant brusquement.

« Lumière, créateur ingénieux, découvre ici l’effet d’élasticité spatiale et temporelle propre au cinéma. Le cinéma se pose d’emblée comme une machinerie illusionniste, capable aussi bien de suggérer une impression de réalité que de nous entraîner dans les mirages de l’imaginaire« . Extrait de « la petite fabrique de l’image  » Ed. Magnard.

Documents textuels et iconiques sur l’analyse filmique:

Deux exemples d’analyses autour du film de Jean-Luc GODARD A bout de souffle de 1959:

Des protocoles de tournage filmique, entendus comme;  graines, entrées, amorces, étincelles, déclics, déclencheurs, challenges, missions, obstacles, leviers, jeux, contraintes, ont été donné à des stagiaires M2, dans le cadre de l’offre modulaire cinéma.  Il s’agissait de faire un court-métrage afin de se placer dans une relation active au monde. Voici l’un d’eux, d’une grande qualité, réalisé par Thomas BAUDRE et Eugénie HOUYVET, stagiaires M2 en Arts Plastiques:

https://pod.inspe-bretagne.fr/video/0401-correspondance-videographique-en-mode-covid-court-metrage-realise-par-thomas-baudre-et-eugenie-houyvet/

Exercez-vous à analyser cet autre court-métrage fantastique, « Le trou noir » de Phil SAMPSON et Olly WILLIAMS de 2008; Entre l’univers littéraire d’anticipation d’Aldous Huxley (1894-1963) et Georges Orwell, son élève (1903-1950) et l’univers cinématographique de « Brazil » de Terry Gilliam -1985:

https://www.youtube.com/watch?v=P5_Msrdg3Hk&ab_channel=FUTURE

Deux documents iconiques comportant des photogrammes extraits du film:

Deux autres documents exploitables en classe autour du même film:

Autre proposition d’analyse filmique: The Artist de Michel Hazanavicius 2011, pastiche sur l’âge d’or d’Hollywood et le cinéma muet ou plutôt non-sonore, avant l’arrivée du parlant en 1927 (voir le chanteur de jazz). Film dans le film ou mise en abyme du cinéma, entre comédie et drame, The Artist est à voir ou à revoir (3 extraits de 3 mn à exploiter en classe) :

Boris Vian dans le bric-à-brac de Michel Gondry:

Le cinéaste Michel Gondry a adapté librement en 2012, le roman initiatique  » L’Écume des jours » de Boris Vian, avec Audrey Tautou et Romain Duris. Il revient expliquer sa démarche sous la forme d’un film d’animation, en papiers découpés et post-its, dont il a le secret:

https://www.youtube.com/watch?v=msuu6rb1Ozg&ab_channel=BorisVian

Analyses réflexives de deux cours par Anne Cochy – Planète lumineuse – 5e et Monstrueuse matière -3ème

Continuer la lecture de « Analyses réflexives de deux cours par Anne Cochy – Planète lumineuse – 5e et Monstrueuse matière -3ème »

Attendez la nuit, et allumez l’œuvre…

BOSSE Emma, DIVOUX Mathilde, SEGUIN Estelle

Notions abordées : Matériaux, volume, lumière, couleurs.

Questions d’apprentissage :

  • En quoi les jeux d’ombres et de lumière donnent une autre dimension ?
  • Comment associer les couleurs pour différencier les couleurs chaudes des couleurs froides ?
  • Quel geste pour quel effet ?
  • Comment utiliser l’opacité et la transparence des matériaux ?


Juste avant la nuit, allumez les lumières…
… la lumière existe même pendant la nuit.

O Soleil !

« O Soleil ! Toi sans qui les choses Ne seraient pas ce qu’elles sont. » Edmond Rostand

Charlotte PERSONNETTAZ, Margaux JEAN, Audrey MOISSET

Notions abordées : Lumière et matière

Questions d’apprentissages :

  • Comment l’ombre et la lumière peuvent-ils être des outils permettant de créer des illusions?
  • Comment changer la perception des objets grâce à l’ombre et la lumière ?

SARAH GASNIER CLEMENCE NEJAR – Atelier photo – « Composition / Décomposition »

Deux cyanotypes et trois rayogrammes réalisé avec de la poudre de craie.

Volonté de prendre part du support pour qu’il ait un impact autant que nos productions.

Rayogrammes réalisés avec des plumes 

monotype – rayogramme fixés sur un format grand aigle

PLUS DE PHOTOS À DÉCOUVRIR DANS NOTRE DIAPORAMA PLUS BAS 

Instinctivement, nous avons expérimenté avec des objets déjà existants; des plumes et des craies. Par ce choix, nous avons commencé par nous créer un thème :

Composition et Décomposition

En effet, les plumes nous ont servi à faire quelque chose de très structurée, organisée tandis que la craie que nous avions préalablement réduite en poudre nous a permis de jouer avec le hasard, le désordre la décomposition.

Comment mettre en lien les productions photographiques avec un support tout en tenant compte du thème « composition – décomposition » ?

C’est finalement sur cette question que nous nous sommes interrogées. Le support peut-il avoir autant d’impact que le projet en lui même?

Et c’est à travers des expérimentations, que nous avons travaillé autour des notions de support / matière / outils, notions qui font partis des programmes du cycle 3 et cycle 4.

Vous trouverez ci-dessous diaporama sur la totalité de nos recherches et rendus finals de l’atelier photographie.

En deuxième lien, une piste d’apprentissage liée à nos recherches.

recherches ( la même chose que sur la video ci dessus )

piste d’apprentissage

CARNET-DE-BORD

Sarah Gasnier et Clémence Néjar

Atelier photographie Nathalie.V, Marion.L, Baptiste.P

Cet atelier nous a permis d’envisager des techniques de production d’images photographiques et de monotypes, abordables dans des classes de cycle 3,4 et au lycée. Ces sessions nous ont permis d’expérimenter les potentialités de ces dispositifs.

Nous avons mis en avant 3 notions à travers ces expérimentations, la matière, l’abstraction/figuration et enfin la lumière/temps.

Les notions abordées dans l’atelier sont développées et mises en lien avec les programmes des cycles 3 et 4.

Un carnet de bord ainsi qu’une proposition de séance en cycle 4, sont proposés dans le pdf ci-joint : atelier photo pdf

autoévaluation